Les rêves ne meurent jamais. Ce sont les gens qui meurent. On joue au chat et à la souris. Je devrais dire "je", je suis seule, alors ce n'est même plus amusant. Je sais que tu me reconnais. En coup de vent. Tu baisses la tête. "Je ne t'ai pas vu", c'est cela ? J'ai peut-être du noir autour des yeux, peut-être les cheveux plus longs qu'avant. Oui, avant, cela veut tout dire. Les "demain", les "aujourd'hui" ne se dessinent plus avec et grâce à toi. Pourtant, il y a bien une vie après avant. Mon c½ur ne s'est pas arrêté de battre. Tu as peut-être encore grandi, tu as peut-être les cheveux plus sombres. Tu es sans doute encore plus beau. Peut-être que tu as grandi, dans ta tête, aussi, peut-être que tu connais mieux la vie. Le goût de la vie. Amer ou acide. J'en connais maintenant les côtés les plus sombres. Moi, je connais mieux le goût des larmes, depuis que tu es parti. Peut-être que cela ne t'intéresse pas. Peut-être que je suis morte, pour toi. Je serais peut-être morte pour toi. Cela n'en aurait pas valu la peine, je le sais. Mais je n'ai pas choisi de t'aimer, je n'ai pas choisi de te rencontrer, je ne le regrette pas. Je n'ai pas choisi de rester seule toutes ces nuits. Tu aurais pu être là, mais tu ne l'étais pas. Il pleuvait des fois, tu sais, souvent. Mais à quoi cela sert-il encore de penser à toi ? C'est ce que vous hurlez. "Oublier, apprends à le conjuguer". Mais c'est comme une claque, quand je te vois. Cela me brûle, si jamais sourire il y a, il se tire vers le bas. Pourquoi ? Tous ces "pourquoi", je ne fais pas la liste, c'est déjà assez triste. Tu me manques. Ou pas. C'est "avant" qui me manque, c'est toujours mieux avant. Quand j'avais moins de n½uds dans les cheveux, le c½ur, quand tout était encore possible, quand la vie était douce, quand on était tous innocents. Et tous ceux qui partent, qui sont partis, qui partiront. Moi, je suis toujours la même, c'est bien cela le problème. Je n'ai pas suivi, et maintenant je suis perdue, et plus j'attends, et moins j'ai de chance de vous retrouver, de te retrouver. Le ciel se couvre, toujours du gris. Mon soleil, mon soleil, où es-tu parti ? Tu as éteins la lumière, je crois. Attends-moi au paradis, je te rejoins! Si jamais paradis il y a .